Dimanche 11 novembre 2007
Dispositif sécuritaire harmonisé à l’automne 2007.
Le Ministre de l’Intérieur, Mme Alliot Marie veut tripler les capacités de vidéosurveillance existant en France. Elle compte s’appuyer sur la loi d’orientation et sécurité « Lopsi ».
En effet, « cette loi a été mise en place à la suite du projet de loi[1] déposé par le ministre d'Etat, de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, Nicolas Sarkozy. Elle fait partie d'un projet plus global : la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI), votée en 2002, pour une durée de 5 ans, ayant pour objectif de modifier les moyens juridiques et sécuritaires, afin de mieux répondre à l'augmentation croissante de la délinquance et de la criminalité. »cf le site de .wikipedia.org. Pour mieux comprendre l’intérêt de l’installation des caméras de vidéosurveillance encadrée par cette loi « lopsi » rappelons quelques points de cette loi :
Elle donne et renforce les pouvoirs de police et de gendarmerie ; elle permet de fouiller les coffres des véhicules dans certaines circonstances et sous contrôle de l’autorité judiciaire. Ils ont une compétence départementale et ils peuvent inscrire des informations dans les fichiers des empreintes génétiques (FNAGEG). Cette loi favorise donc l’extension du fichier génétique à toutes les personnes à l’encontre des quelles il existe « des raisons plausibles de soupçonner qu’elles ont commis une infraction ». C’est pourtant dans ce cadre qu’un représentant des chômeurs CGT à Marseille a été condamné à se faire prélever un échantillon ADN de salive. Ce procédé a été étendu aux faucheurs volontaires anti-OGM et à tout militant favorable à la désobéissance civile.
D’autres délits ont été ajoutés comme le délit de racolage passif, le délit d'installation illicite sur une propriété privée ou publique "au moyen d'un véhicule automobile, les réseaux d’exploitation de la mendicité, la "mendicité agressive" en réunion ou à l’aide d’animaux dangereux, les occupations illégales d'appartements ou d'immeubles constituent une nouvelle infraction, celle de violation de propriété. Jusqu'à présent, ces occupations étaient sanctionnées par l'expulsion, à l'issue d'une décision de justice. Avec la création d'un délit à part entière, le nouveau texte pénalise le squat et le réprime par six mois d'emprisonnement et 3 000 euros d'amende. C’est un moyen supplémentaire de renforcer un peu plus le droit de propriété.
Cette loi a été dénoncée non seulement pas les associations, (DAL, Gisti, Mrap, LDH, Iris…. Et tous les partis politiques de gauche mais aussi
la CNIL (commission nationale informatique et libertés) qui a déclarée être inquiète des mesures sécuritaires de cette loi.
Cette loi vise , pêle-mêle, les mendiants, les sans domicile fixe, les jeunes, les gens du voyage, les prostitués, les militants qui mèneraient des actions revendicatives, ce texte institue une République où la pauvreté est constituée en délit et où la manifestation d'une révolte devient un crime.
Progressivement, un réseau de vidéosurveillance renforcée couplé aux lois sécuritaires « Lopsi » et à la loi antiterroriste formeront la paysage future de notre société. Mme Alliot Marie l’a spécifiquement affirmé le 26 juillet 2007.
Dans le cadre du renouvellement de la loi Lopsi à l’automne, les systèmes de vidéosurveillance seront intégrés au niveau des responsabilités des collectivités territoriales.
Pourtant, de nombreux rapports sur l’impact de la vidéosurveillance déclaraient l’inutilité de ces dispositifs. Par exemple, le rapport de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de
la Région Île de France publié en mars 2004 indiquait « les violences à l’encontre des agents continuent de progresser après l’installation (signalée) des dispositifs de vidéosurveillance, ainsi que les dégradations ». Cette inefficacité n’empêche pas les chauffeurs de bus et d’autocars (et leurs syndicats) d’en réclamer plus.
L’association « Souriez-Vous-Êtes-Filmé-es ! » reconnaît l’autisme du gouvernement vis-à-vis des mesures coercitives de vidéosurveillance. Elle soutient les associations qui luttent contre les discriminations, le contrôle de l’individu.
Ce que nous constatons aujourd’hui, l’affichage sécuritaire fait partie de l’administration de nombreux maires et élus : cf « l’association des villes vidéosurveillées. Le maire et son équipe municipale cherchent avant tout à réduire l’angoisse de ses administrés face aux chômage, à la raréfaction des logements sociaux et à la misère culturelle…La caméra protège ainsi le petits commerçants inquiets pour leur avenir, les personnes apeurées par les cités populaires d’immigrées…la caméra est un placébo destiné à guérir des angoisses de l’insécurité sociale. En tant que « militant », nous dirons que la cause de la violence et de la délinquance est liée en grande partie par la montée du chômage et de la précarité. C’est le 3è argument de lutte contre la vidéosurveillance.
De même, la période préélectorale de 2008 des municipalités a entraîné une nouvelle poussée d’installations de vidéosurveillance dès l’été 2006 ; à Toulouse, la ville rose où existent déjà les Jardins de Lalande, l’une des nombreuses résidences sécurisées par des systèmes de vidéosurveillances de nouvelles caméras vont quadriller le centre ville. La vidéosurveillance devient alors un moyen psychologique pour les administrés. Ainsi dans un sondage publié en avril 2006 par «
La Dépêche du Midi», 66,5% des sondés jugeaient «que c'était une bonne chose, cela permet à la police de mieux lutter contre la délinquance et la menace terroriste.» 33,5% des sondés jugeaient par ailleurs que «sans davantage de contrôle, c'est une atteinte aux libertés individuelles.».
De plus, la vidéosurveillance va justifier la mise en place de la loi lopsi 2007. L’application de la vidéosurveillance réalisée « à dose homéopathique depuis 1990 « formate » progressivement les esprits et les consciences. Elle entraîne des non-réactions de passivité vis-à-vis de la caméra. La caméra est à la foi, l’instrument de prévention contre la contestation populaire et la béquille d’une politique capitaliste et ultralibérale. C’est en cela qu’au Ministère de l’Intérieur, on souhaite tripler le nombre de caméras en France en 2008. MCB.